« Traduction IA » n'est plus depuis longtemps un terme uniforme — les résultats diffèrent fortement selon la façon dont un service fonctionne en interne. Ces critères aident à évaluer, indépendamment du fournisseur, ce que l'on obtient réellement.
1. Cohérence sur tout le livre
Le point le plus important, et le plus facile à vérifier : un personnage secondaire s'appelle-t-il pareil au chapitre 2 et au chapitre 20 ? Un terme technique ou un nom de lieu récurrent est-il toujours traduit de la même façon ? Ça paraît anodin, mais c'est le point faible le plus fréquent sur les textes longs — surtout avec les outils qui traitent le texte en morceaux indépendants sans mémoire commune.
Contexte technique : les modèles à fenêtre de contexte limitée « oublient » les chapitres précédents à mesure qu'ils avancent. Les solutions qui maintiennent un glossaire cumulatif (noms, termes techniques, expressions récurrentes) tout au long du processus de traduction et l'injectent dans chaque nouvelle section contournent ce problème de façon structurelle.
2. Gestion des jeux de mots et références culturelles
Une traduction automatique qui lisse simplement un jeu de mots intraduisible, sans indication, n'est pas une mauvaise traduction au sens technique — mais elle te retire la possibilité de décider comment gérer ça. Les meilleures solutions signalent ces passages explicitement au lieu de les « résoudre » silencieusement.
3. Cohérence des temps et du registre
Le récit passe-t-il inopinément du passé au présent ? Le tutoiement/vouvoiement change-t-il au milieu d'un même dialogue ? Ce sont des erreurs qui passent presque inaperçues phrase par phrase, mais qui deviennent gênantes sur tout un livre — et qu'une traduction en un seul passage ne détecte pas automatiquement elle-même.
4. Y a-t-il un contrôle qualité indépendant ?
Un second passage, mené indépendamment de la première tentative de traduction, qui cherche explicitement les omissions, les erreurs de sens et les incohérences mentionnées ci-dessus, est un signe fort de qualité. Sans cette étape, on se fie au fait que le premier essai était déjà correct.
5. Gardes-tu le contrôle, ou est-ce une boîte noire ?
Peux-tu choisir entre plusieurs variantes aux passages incertains (littérale, sémantique, créative), ou obtiens-tu seulement un résultat fini sans visibilité sur les décisions prises ? Pour un texte littéraire, où le ton et le style comptent, la possibilité de réajuster toi-même est souvent plus importante qu'un résultat unique techniquement « parfait ».
Un test rapide à essayer soi-même
Pour tester un outil avant de lui confier un livre entier : faire passer un paragraphe avec un jeu de mots, un avec un nom propre récurrent (qui réapparaît aussi plus tard dans le texte), et un avec des dialogues à registre changeant. Les trois points faibles mentionnés ci-dessus se manifestent généralement déjà sur un court extrait de test, avant d'investir du temps ou de l'argent dans un manuscrit entier.